La Villa Eileenroc (Cap d’Antibes) dans un piétre état

L’une des plus belles propriétés du Cap d’Antibes, bâtie par Charles Garnier (l’architecte de l’Opéra de Paris !), côtoyant les demeures d’archimilliardaires du Cap d’Antibes, est la Villa Eileen Roc. Penchée sur la paradisiaque anse de l’Argent Faux elle fut léguée par sa dernière propriétaire, Mme. Hélène Beaumont, à la Ville d’Antibes, à condition qu’elle soit maintenue en l’état et qu’elle reste ouverte au public.

Comme pour se tirer d’affaire la Municipalité n’ouvre ses grilles que tous les mercredis (à partir de 14h 00) et deux samedis par mois ! Ceci, si l’on ne tombe pas dans une période où elle est louée pour des grandes fêtes ou événements restant donc fermée une semaine entière (comme ce fut le cas lorsque j’ai voulu la visiter, la première fois, pendant la semaine du 14 juillet 2016).

Le lieu est chamant, mais la maison et ses jardins sont dans un piètre état. Le tout faisant très triste figure si on la compare avec le célèbre “château de la Croë” appartenant au milliardaire russe M. Abramovitch, de l’autre côté du petit chemin qui sépare Eileen Roc de sa flamboyante propriété, certes, restaurée au goût incertain des nouveaux riches, mais aux jardins très bien entretenus.

En me plaignant aux rares employés chargés de surveiller la Villa, on m’a conseillé d’appeller Mme Isabelle Pasquini, responsable pour la mairie d’Antibes Jean-les-Pins de ce lieu. Chose faite, elle m’a demandé de lui faire un courrier, seul moyen selon elle, de faire avancer les choses. Le manque de moyens dont la Villa dispose n’étant pas de sa faute. J’attend donc depuis plus de un mois un retour !

Voici donc ma lettre, puis les photos de la Villa (j’ai essayé de prendre les meilleurs angles car je comptais faire un reportage sur le site, projet vite abandonné vu l’état de laisser-aller).

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Chère Madame Pasquini :

Journaliste et écrivain, je devais écrire pour une revue américaine un reportage sur une villa et jardin de mon choix concernant la Côte d’Azur.

J’ai choisi la Villa Eilenroc, du Cap d’Antibes, car je savais que ses propriétaires d’antan, Louis Dudlay et Hélène Beaumont, avaient des liens très étroits avec les États-Unis. Les personnalités ayant été reçues tout au long du XXe siècle par ce couple méritaient aussi quelques évocations dans mon article. Je comptais également faire des parallèles entre cette Villa et d’autres situées sur la Côte.

Eileenroc était donc le monument de mon choix, compte tenu du cadre exceptionnel, de son histoire, du fait qu’elle avait été bâtie par le grand architecte Charles Garnier … J’avais entendu également parler des 11 hectares de jardins et des vues saisissantes surplombant l’anse de l’Argent Faux.

Mais quelle ne fut pas mon étonnement, et ma déception aussi, Madame, lorsqu’en franchissant la grille qui protège l’entrée de la propriété je découvre aussitôt à l’intérieur du parc l’état honteux de délabrement de l’ensemble !

Les plantes rachitiques, des arbres mal entretenus, pratiquement pas arrosés, des allées dans un très mauvais état, des objets qui trainent au milieu des pelouses desséchées, la roseraie dans un état pitoyable, ce pauvre Musée de l’écologie au bout de l’oliveraie presque vide … Tout y est à l’abandon et avec un grand laisser aller. On voit partout le manque d’amour, le je-m’en-foutisme, l’absence de respect aussi aux visiteurs.

J’ai lu que Mme Beaumont avait légué sa demeure à la ville d’Antibes à condition de créér une fondation et de l’entretenir tout en la conservant ouverte au public. Mme Beaumont se retournerait dans sa tombe si elle voyait l’état d’abandon dans lequel se trouve son ancienne propriété.

1)     dans une commune aussi riche, ayant pour voisins les hommes parmi les plus puissants de la planète,

2)     une Villa destinée à accueillir des événements pour lesquels on ferme ses portes au public pendant toute une semaine (celle du 14 juillet, par exemple, où je me suis vu refuser l’entrée car elle était louée pour une grande soirée),

3)     une demeure qui reçoit (comme je suppose) des fortes sommes pour ces événements à grande échelle,

4)     avec l’engagement de la part de la Commune de conserver la propriété et de l’entretenir.

Il est inexplicable que :

– l’endroit n’éveille guère l’intêret de la Municipalité (sauf pour les locations, bien évidemment)

– seuls deux jardiniers (ceci m’a été rapporté par le rare personnel de surveillance) ne s’occupent de la tache énorme d’entretien des jardins

– l’intérieur de la demeure soit aussi dans un pareil état de dénuement.

Je vous prie de croire à l’expression de ma considération distinguée,

 

William NAVARRETE

Photos prises par moi (j’ ai photographié que les parties présentables pensant à mon reportage avorté)

 

 

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