Nice-Matin / Fugas

Dans le Nice-Matin d’hier. Merci a Lea Raso.

Nice-Matin, Fugas

Nice-Matin / William Navarrete

Nice-Matin / William Navarrete

William Navarrete invité de marque au Rotary / Saint Paul de Vence

Lea Raso

William Navarrete l’affirme avec une certaine fierté : « La France est un pays que j’apprécie pour sa culture ». Mais dans ses bagages, ce voyageur naturalisé français dans les années 90, a apporté son accent légèrement chantant et la mémoire de Cuba. Son île natale, si présente dans la quinzaine d’ouvrages que l’auteur a écrit. L’homme est d’ailleurs empreint de nostalgie. Et lorsqu’on l’interroge sur les raisons de son exil, il prend une large inspiration : « J’étais étudiant en histoire [de l’art], mais je ne pouvais voir les œuvres que par le bïais de diapositives. C’était extrêmement frustrant. Un jour, j’ai eu l’opportunité de partir pour la France. Sitôt arrivé, j’ai su que c’est là que je souhaitais vivre ».

Cuba : une histoire usurpée ?

Son dernier ouvrage, Fugas (Fugues) qui paraîtra en français au printemps 2015, relate son malaise à l’égard de Cuba. « Depuis 1959, nous n’avons connu au pouvoir qu’un seul homme : Castro. Comme beaucoup de mes compatriotes, j’ai toujours eu le sentiment que notre histoire nous avait été confisquée, que nous héritions d’une situation que nous n’avions pas choisie », confie William Navarrete.

Fugas met en scène une mère de famille, mais la trame est en partie autobiographique. L’auteur s’est également inspiré d’histoires qui lui ont été racontées lorsqu’il vivait encore dans son île. L’héroïne, une femme « résistante du quotidien » se heurte à un mur. Une plongée sans issue. Un mensonge. « On nous a fait croire que le régime castriste était une solution à la misère, à l’oppression des femmes, à la discrimination ». L’histoire lui donne raison.

La solution, la fuite

« Les femmes devaient, soi-disant, accéder aux plus hautes fonctions de l’Etat. Hormis Vilma Espín, l’épouse de Raúl castro, il n’y en a eu aucune ; même chose pour les noirs cubains, dont aucun n’a présidé aux destinées du pays ». Alors, face à ces inepties, la fuite est apparue pour beaucoup comme la seule solution.

Cette amertume qui le submerge, à l’évocation des contradictions de son île natale, est toujours très présente dans son œuvre …

Mais, prenant le contre-pied, William Navarrete a choisi de la traiter avec humour, voire dérision. Doté d’un sens inné de la narration, un peu à la manière d’Alejo Carpentier, l’auteur conte un quotidien rempli de petites ou de grandes misères dans un style empreint de générosité.

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