Mes trois grandes découvertes / 30e Foire du Livre de Saint-Louis, Alsace

Le public nous découvre, nous découvrons les lecteurs, mais également d’autres auteurs. Hélas, le temps est trop court et même si on reste plus de temps on passera toujours à côté d’écrivains formidables… Au Salon du Livre de Saint-Louis j’ai fait la connaissance de trois auteurs merveilleux. Leurs livres sont prometteurs, leurs expériences à ne pas laisser passer. J’ aime partager mes émotions, je partage donc leurs ouvrages :

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La première, Cécile Desprairies, est historienne. Elle est spécialiste de la période 1939-1945. Elle a écrit plusieurs titres et a puisé dans les archives pour dévoiler les mythes et les faux mythes. J’ai eu dans mes mains son livre Sous l’œil de l’occupant. La France vue par l’Allemagne (Ed. Armand Colin). Des clichés qui montraient outre-Rhin combien les Français étaient heureux d’être envahis. Le plus drôle – ou plutôt ” le moins ” – ce sont les signatures au pied de ces images trompeuses : des grands noms de la photographie. Comment ne pas être sensible à ce sujet lorsque en tant que Cubain on a subi aussi ce même regard complaisant des occidentaux, admiratifs de notre bonheur sous l’emprise des Soviétiques ?  Croit celui qui veut croire ou celui qui ne peut pas voir. Tous ces régimes-là cachent très bien leurs jeux et connaissent les maillons faibles de la société, celui des gens qui se laissent charmer par ces chants des sirènes. Regardons de près le livre de Cécile Desprairies pour que nul ne vienne nous raconter des histoires !

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Deuxième découverte : une jeune femme étudiante de Droit à La Sorbonne, souriante, sympathique, modeste, charmante. Jusque là on se demande en quoi consiste le caractère exceptionnel de son livre. Son nom, Anina Ciuciu ; son parcours, unique. Elle est rom, son ouvrage s’intitule Je suis Tzigane et je le reste (Ed. City), son contenu est le témoignage d’une enfance et d’une adolescence pas comme les autres, pas comme les nôtres. Le sujet est vif, d’actualité. Nous le vivons depuis les gradins de cet amphithéâtre qui est notre vie citadine. On prend parfois de la distance, on ne sait pas trop quoi dire, quoi penser, on décide même de laisser les autres décider. On ignore la solution donc on ne réagit pas. Moi, je ne pourrai parler que de mes émotions. Une question me vient tout de suite à l’esprit : comment Anina a-t-elle pu trouver la force pour venir de si loin ? Une question que porte en soi beaucoup de signes d’admiration même au-delà de toute réponse. Avec son livre et sa présence on ne compte plus les préjugés qui tombent.

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Finalement, ma troisième découverte, est celle d’un voisin. Pas un voisin de quartier, mais d’ île. Je m’explique : Jacques Salès, avocat, spécialiste en Droit International et historien m’a tendu son roman historique Haïti naissance tragique (Ed. France-Empire). Pour les gens de Cuba, mon pays de naissance, celui de Salès eut un rôle déterminant. Si nous sommes restés Espagnols presque un siècle de plus que les autres pays de l’Amérique latine la raison on doit la chercher du côté de cette révolution noire et haïtienne. Cela s’appelait alors ” la peur noire “, c’est-à-dire, la frayeur chez les Blancs de Cuba qu’une révolte similaire à celle des esclaves de Saint-Domingue atteigne les plantations cubaines. De ce fait, seule l’Espagne et son armée pouvaient garantir la stabilité de la colonie. Cuba ne se libéra de la métropole qu’en 1898. En plus, on a hérité de ces colons français exilés, du café, des danses, ainsi que de la composante essentielle de notre musique, ce qu’on appelle ” le cinquillo “, base des premières contredanses havanaises. Comment comprendre alors ce pays toujours méconnu qui est l’Haïti de nos jours ? La réponse se trouve dans le récit fascinant et le travail patient de cet auteur franco-haïtien.

J’espère faire des heureux avec mes trois découvertes. Moi, je le suis déjà !

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